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Bataille de Hannut

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Ils étaient venus pour nous sauver la vie...
Ils sont morts en saints

Une bataille oubliée, la bataille de Hannut, c'était, il y a 50 ans !

Le sacrifice des soldats français.

 



Après la commémoration du 50ème anniversaire de la bataille de la Gette, célébrée avec éclat dans la commune d'Orp-Jauche et face au monument de Jandrain, j'ai été agréablement surpris par la participation volontaire de personnes qui ont voulu s'associer à la journée du souvenir des Orpois (il cite parmi eux le bourgmestre de Wasseiges, Monsieur Janssis, les anciens combattants de Hannut avec une délégation de six drapeaux sous la houlette de Monsieur L. Houpresse, la fraternelle des gars d'Irlande de la 2e brigade avec son drapeau...) Magnifiques soldats français du corps de cavalerie motorisé pour la plupart... Nous avions coutume d'entendre parler de la bataille de la Gette et de la bataille de Gembloux mais, à la consultation des ouvrages écrits par des officiers français de l'époque, nous apprenons qu'en prélude à ces deux fronts, il y eut la bataille de Hannut qui fut très meurtrière.

La version française

Dans son livre "Bataille pour la France" Patrick de Gmeline retrace heure après heure ce que fut le calvaire des vaillants dragons français. Péter Taghon confirme d'ailleurs, par l'image, l'horrible affrontement entre blindés français et allemands dans son livre "Mai 40 - la campagne des 18 jours".

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Le premier tank français, c'est un Hotchkiss (un ancien !... une passoire disent les militaires !) Il porte le n°83. Voyez les deux évacués qui filent à vélo dans la direction de Wavre, dès 6 heures du matin.

Qui est Patrick de Gmeline ? C'est un officier français qui a combattu chez nous et qui, après les événements douloureux, devint un historien, spécialiste de l'histoire de la seconde guerre mondiale. Dans "Hannut, une bataille oubliée" Patrick de Gmeline nous signale qu'il avait en face de lui un officier allemand qu'il connaissait très bien et que sa détermination à combattre n'en était que plus forte car il combattait non seulement pour la France mais pour son honneur personnel. Que nous dit en substance Patrick de Gmeline ? "Le samedi 11 mai à 9 h.45, 25 chars de la 3e division légère motorisée viennent d'attaquer le 2e bataillon de la 5e Panzer brigade allemande face à Hannut et à Crehen. La bataille de Hannut commence !... Les mitrailleuses du peloton Gibert, du 1er Dragons portés détruisent deux autos-mitrailleuses allemandes, au cours de la matinée 11 chars Hotchkiss français sont détruits ainsi que cinq Panzers allemands. Dans Crehen le capitaine Sainte-Marie Perrier 2e Cuirassiers (+) se bat avec acharnement. Sur ces 20 Hotchkiss, neuf seulement amorceront une retraite, sur ordre ! Un peu plus tard, toujours à Crehen, le sous-lieutenant Lotsisky détruit avec ses chars Somua quatre Panzers allemands, une batterie et plusieurs camions. Les chars, encadrant l'infanterie française, ouvrent un feu nourri sur les lisières de Hannut. A Thisnes, malgré de lourdes pertes, les cavaliers français détruisent le char de commandement du lieutenant-colonel allemand Eberbach. Le capitaine français Potel, du 11 e Dragons portés, brise l'avance allemande dont les assauts sont cependant furieux. Après une nuit calme, les allemands reprennent leurs attaques dès 6 h.30 (le jour de la Pentecôte). Le premier assaut est re-poussé mais à 11 heures, 600 Panzers allemands se lancent à l'assaut de Merdorp et de Jandrain. Là, le capitaine français se bat à un contre quatre ! 7 chars français Hotchkiss parviennent à s'échapper à l'enfer où les blindés des 2 camps forment un cimetière d'acier. A 14 heures le colonel Dodart des Loges donne l'ordre de se replier...

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En évitant un carrefour miné, ce tank français est tombé dans l'Absoute pendant la nuit (en arrière-plan le viaduc du vicinal de Thisnes, aujourd'hui détruit) Un Hotchkiss H 39, hors combat, à Thisnes
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Ces deux tanks français culbutés témoignent de la fureur des combats à Wansin
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Un tank allemand réduit au silence à Ambresin. Il y en eut un peu partout dont quelques-uns à Hannut.

A 16 heures, le général Prioux donne l'ordre de repli général... Mais 10 chars Somua harcèlent encore 40 Panzers allemands, couvrant ainsi la retraite des troupes françaises au-delà de Jandrain.
Le soir tombe en ce dimanche de Pentecôte, la bataille de Hannut est achevée. Véritable bataille en effet, reconnue par les allemands eux-mêmes". Sur l'autre rive de la route Hannut-Jodoigne une autre bataille rugit avec la même intensité, c'est la bataille de la Petite Gette.

Des témoignages de survivants

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Les tanks français prennent position face à la route Huy-Tirlemont

Dans la "Clarine" n° 9 et n° 10, nous avons relaté les souvenirs, abondamment illustrés du professeur Léon Douette de l'Athénée royal de Hannut sur les combats engagés dans l'axe Hannut, Thisnes, Jandrain. En ce 50e anniver-saire de la bataille de Hannut, nous avons pu recueillir les confidences de Jeanne Dassy de Hannut, de Paula Vigneron et de Dohet Joseph de Merdorp.

Nous laissons la parole à ces témoins de la première heure qui n'évacuèrent pas et qui ont vécu le week-end de Pentecôte 1940 sous la mitraille et les bombardements.

A Hannut

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Jeanne Dassy (veuve Paeschen) qui occupait sa maison au moment du pillonage des canons français. Son mari était mobilisé.

Le dimanche matin, les soldats français investissent la rue Albert 1er pour un court instant tandis que les évacués cherchent refuge dans les maisons les plus proches : ils savent que les allemands sont en vue de Hannut et les avions mitraillent sur tout ce qui bouge. Un officier français entre chez Jeanne Dassy (Madame Paeschen-Dassy : actuelle maison Rondia). Il demande à pouvoir grimper au grenier pour faire le guet par la tabatière. Il descend après un court moment d'observation. Visiblement il a fait le point sur les positions françaises car il a ouvert la tabatière à front de rue et non celle qui donne vers les avant-postes allemands. Il sort en recommandant à Madame Paeschen de se mettre à l'abri et il oublie sur la table ses jumelles et son revolver. Peu après un autre officier français, à l'aide d'une échelle scrute à partir de la maison Vanval (actuellement Chanel), les positions françaises en formation entre Crehen et Hannut. Il quitte précipitamment son observatoire de fortune en lançant "Tenez-vous tranquilles, dans moins d'une heure il y aura du joli". Jeanne Dassy descend à la cave avec sa vieille grand-mère et sa à tante handicapée. Elle y est accompagnée de 4 évacués liégeois : Monsieur et Madame Bolland et deux jeunes gens. Se rappelant les effets compromettants de l'officier français, elle s'empresse de les jeter dans le puits, Monsieur Bolland lui confie un trésor : un sac bourré de pierres précieuses "Si je meurs, cela t'appartient". Par le soupirail elle entend les premiers éléments allemands qui prennent position dans la rue. Elle aperçoit les bottes de l'envahisseur qui s'affaire au seuil de sa maison... Et se cachant dans le coin le plus sombre elle voit que des soldats allemands attachent une pièce d'artillerie à la grille du soupirail. Les prédictions des officiers français se réalisent, l'affrontement entre les lignes françaises et allemandes se fait dans un déluge d'obus. Après une trentaine d'obus français qui font mouche dans la rue Albert 1er, la cave est subitement enflammée par un éclair blafard. C'est la pièce d'artillerie allemande qui est touchée de plein fouet, le soupirail est volatilisé, les pierres de taille sont en éclats, l'air de la cave est irrespirable ! Les occupants de la cave vivent une heure terrifiante, les voisins d'en face viennent enfin leur lancer un message "c'est fini, vous pouvez sortir !" il s'agit de Monsieur Flamand, l'imprimeur, qui a dénombré 8 soldats allemands tués au pied de la pièce d'artillerie. La rue Albert 1er (surtout à hauteur du passage à niveau) est jonchée de cadavres et de blessés : des civils et militaires belges et un soldat fiançais du nom de Serge Legrand. (Les allemands enlèvent leurs cadavres immédiatement après les combats. Ils ne laisseront que quatre sépultures "de campagne" une à Lens-St-Remy, deux à Hannut, une à Thisnes). Chez Jeanne Dassy, les vitres sont en éclats, le volet de l'étalage est branlant et inutilisable. Elle retrouve des éclats de Schrapnells dans les chambranles des portes et dans les murs. Un obus a trans-percé toute une literie à l'étage. Un officier allemand entre en trombe à l'intérieur et sous la menace de son revolver demande à boire. Elle lui présente une bouteille d'eau gazeuse mais il fait comprendre avec vigueur qu'il en veut beaucoup (sans doute pour ses blessés... on les a rassemblés à Cras-Avernas). Le revolver dans le dos, elle conduit l'officier à la brasserie Mottin toute proche (actuellement maison Emile Gabriel) où les deux petits évacués liégeois se sont réfugiés. Mal leur en prit car ils furent emmenés par des soldats allemands pendant que l'officier donnait ordre d'embarquer tous les casiers d'eau et de bière disponibles dans des camions. (Les cadavres seront inhumés et les blessés soignés par la Croix-Rouge de Hannut où se dépensent sans compter la famille Flagothier et les sœurs Jeanne et Georgette Dispy, infirmières). Monsieur Edmond Barthélémy (rue du Moulin) assure le transport des morts avec son cheval attelé à une charrette légère.

A Merdorp.

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Paula Vigneron,la téméraire de Merdorp

Paula Vigneron (épouse Gilsoul) a 17 ans à l'époque des combats. Dès le samedi, les soldats français ont investi le village, les tanks sont camouflés dans les vergers et au pied des haies. Ils savent qu'ils vont devoir affronter les colonnes blindées allemandes dont ils ont des nouvelles par les troupes qui refluent depuis Tongres et Waremme. Les officiers donnent l'ordre aux habitants de quitter leurs maisons. Quelques irréductibles s'y refusent. Ils veulent, s'il le faut, mourir avec les petits français. Paula et sa maman démontrent aux français qui occupent le char en position dans leur cour qu'il est impossible d'emmener avec eux le grand-père Louis Vigneron fortement handicapé et grand invalide. Les 4 occupants du char se prennent d'affection pour la famille Vigneron et les sentiments sont réciproques. Paula, jeune collégienne, ne connaît pas le danger et sa témérité la pousse à être présente parmi les soldats pendant que les aînés restent à l'intérieur. Il faut dire que la compagnie des soldats sur pied de guerre ne l'effraie pas car en ce samedi matin elle est allée à vélo, en compagnie de sa tante, porter du linge et des victuailles à son oncle Paul Tollet mobilisé, et en position au fort de Marchovelette. Chemin faisant, elle a dû subir le mitraillage des avions allemands, se faufiler dans les barrières anti-chars et passer sous la trajectoire de projectiles tirés depuis les forts de la défense de Namur. Sans se soucier des recommandations, des sommations et des impératifs militaires, elle a conduit sa tante jusqu'à l'orée du bois où elles furent pendant plus d'une heure obligées de se terrer sous les camouflages. Nantie de cette expérience, elle allait et venait dans le quartier du Coquiamont de Merdorp prodiguant du réconfort aux français rivés à leurs pièces d'artillerie ou en faction au pied de leurs chars d'assaut. Ils avaient soif, ils avaient faim; la fricassée et le bon lait de ferme leur étaient d'un fameux réconfort. La troupe enviait un peu le sort privilégié des quatre compagnons d'armes dont le tank était stationné chez Vigneron, il s'agissait d'un lieutenant, d'un adjudant (maître boucher dans le civil) et de deux soldats (dont l'un était avocat). Malgré le survol incessant des avions de reconnaissance allemands, malgré les rafales de mitrailleuses, malgré les ordres d'évacuation du village, bon nombre de Merdorpois vaquaient à leurs occupations dans les champs; les Vigneron plantaient leurs betteraves. Les militaires venaient faire la causette avec eux en dehors de leurs heures de garde. Préférant la nourriture fraîche du pays à leurs rations "de campagne" bon nombre de soldats apportaient la gamelle pour les porcs et se rassasiaient surtout en œufs et en lait. Paula ravitaillait avec joie les sentinelles postées devant les monstres d'acier. La nuit fut plutôt calme, les militaires de service se déplaçaient à pas feutrés pendant que leurs compagnons ronflaient sur des gerbes de paille, des bottes de foin, des sommiers prêtés ou empruntés suivant que les maisons étaient habitées ou désertées. L'adjudant, maître boucher a dépecé une vache blessée par un obus, tout le monde peut venir se ravitailler à l'oeil. Le dimanche matin, jour de la Pentecôte, Paula invita son petit monde à déjeuner vers 6 heures du matin. Déjà les avions ronronnent à l'horizon comme de gros bourdons... Au moment où les cloches de l'église sonnent pour la première messe, un avion lâche un chapelet de bombes incendiaires c'est le branle-bas de combat !

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Dans la campagne de Merdorp, un tank "Somua " français mis hors de combat le lundi après-midi.

Une bombe est tombée dans le pré jouxtant la maison Vigneron. Pas de victime, peu de dégâts sinon un poirier et des haies. Les tanks français sortent de leur torpeur et commencent à faire mouvement... Il faut faire face aux Panzers allemands signalés à Hannut, Thisnes, Crehen. Toutes les bouches à feu crachent leurs projectiles sur les ordres secs des officiers. Les villageois sont invités à chercher refuge vers Branchon, mais sans grand succès ! Les petits soldats français, conscients de leur infériorité et de leur marche héroïque face aux hordes allemandes, ont demandé à Monsieur le curé Grossard d'être confessés. Geste sublime face à la mort ! Les 4 amis des Vigneron jouent une belote sur un chariot pendant que leur char attend la mission ultime ! Quel calme avant l'assaut ! Le fatalisme des braves ! Quatre maisons de Merdorp sont la proie des incendies : chez Jean Vigneron, Isidore Matagne, Clément Ravet et Jean-Baptiste Gossia. Le lundi matin, Paula veut aller ravitailler les "Dragons" en poste avec leur char dans la prairie Haumont mais elle essuie un refus catégorique, toute personne qui se promène à découvert est en danger de mort. La famille Vigneron se réfugie quand même dans la cave du voisin Oscar Francaux, un ancien de 14-18, qui peut être de bon conseil en pareille occasion. Elle y rejoint une vingtaine de personnes, dont la famille Doucet de Wansin. Paula tente encore une incursion dans la rue mais elle s'entend interpeller "sacrée gamine, veux-tu bien rentrer !". Merdorp est saturée de soldats français qui refluent de Hannut... Paula entend un soldat au rez-de-chaussée qui crie "ils nous talonnent, les boches !". Chacun retient son souffle, le sol tremble, le combat de géants est engagé. Des hommes crient, d'autres hurlent... Puis un long silence... un silence qui n'augure rien de bon... un silence lourd... on se croirait dans une mortuaire ! Quand la famille Vigneron rentre à la maison, elle est accueillie par des allemands qui les collent au mur, revolver sur la poitrine... Par la fenêtre, ils aperçoivent des soldats "Feld Grau" qui mangent de la tarte préparée pour la fête, empruntée à des voisins ! Le sang de Paula ne fait qu'un tour à l'image de ce spectacle consternant. Elle croit même reconnaître chez un officier allemand la physionomie d'un français qu'elle a vu sous l'uniforme bleu 48 heures auparavant. (N.D.L.R. : pourquoi pas ? N'avons-nous pas vu des militaires belges repasser à Hannut en militaires allemands après les 18 jours ??...) Un officier allemand, descendu de l'étage veut un seau d'eau, un Schrapnel a mis le feu à une literie. On le laisse se débrouiller ! Paula s'enhardit et tient tête à l'occupant, elle veut connaître le sort de ses amis français. Le lieutenant du groupe est prisonnier dans la grange de chez Froment, l'adjudant blessé est transporté vers un hôpital civil mais elle ignore ce que sont devenus les deux soldats, elle va aux nouvelles dans le village et c'est alors qu'elle se rend compte du carnage ! Chez Parmentier, des petits français jonchent le trottoir et à l'intérieur, les allemands ont dû se battre au corps à corps pour déloger les français... il y a du sang et des mutilations partout ! Trois cadavres français obstruent l'accès à la cuisine. Les allemands ont eu soin d'évacuer leurs morts et ils ont improvisé un hôpital dans les combles du château où les blessés sont alignés par dizaines. Près de la chapelle, elle voit un lieutenant couché sur le dos, les yeux ouverts... elle l'interpelle... il ne cille pas ! La mort l'a immobilisé pour toujours ! Elle en conçoit une peine qui la pousse à la révolte. Les sépultures Dohet Louis Joseph, que tout le monde prénomme Joseph a été délogé de son domicile par des officiers français sous prétexte qu'ils allaient miner la route pour retarder l'avance allemande. Ils sont partis à 6 le dimanche à pied, avec leurs maigres bagages... Sa belle-sœur, qui avait quitté Seraing par crainte des bombardements est venue se mettre dans la gueule du loup. Leur première halte est Boneffe. Ils n'iront pas plus loin ! Ils réintègrent Merdorp le lundi soir, après les combats, le chemin miné n'a pas sauté et la maison est intacte à l'exception d'un carreau cassé. A un certain moment, en compagnie de sa petite fille, il est interpelé par un officier allemand qui présente un biscuit à l'enfant et qui fait comprendre qu'il a une enfant de cet âge. Devant la réticence de l'enfant, l'officier devine sa suspicion et il donne l'exemple en croquant un de ses biscuits. Il est tout heureux d'être enfin imité. Dès le mardi matin, Piette François, le seul conseiller communal resté dans la commune, demande des volontaires pour enterrer les morts (civils et militaires). Joseph Dohet se présente en compagnie d'André Baye qui prête son cheval et un "galiot" pour le transport funèbre. La besogne est insupportable !
Tous ces hommes à la fleur de l'âge ont un corps sans vie, ils sont enroulés dans leur capote et des couvertures sont spontanément mises à la disposition des ensevelisseurs" pour protéger les figures" des cadavres. Pendant ce temps, le secrétaire communal Jules Biaise, un ancien de 14-18, enlève les pièces d'identité et les effets personnels des victimes et les scelle dans des housses préparées par son épouse. Pas de cercueils ! les corps sont confiés à la terre. C'est ainsi que Joseph et André ont inhumé six militaires tués chez Parmentier (trois à l'extérieur, trois à l'intérieur) deux militaires à la Marsalle dont un officier qui s'était mis un garrot au-dessus d'une blessure profonde) 1 militaire à la Longue Vesse et trois militaires à la Chapelle. A noter que Dohet Joseph et Couillien Ferdinand ont signé tous les actes de décès des victimes de Merdorp. Après cette mission lugubre, nos deux volontaires furent invités à enterrer les cadavres d'animaux tués par la mitraille dans les pâtures ou carbonisés dans les étables incendiées (chez Vigneron, chez Froment, chez Pirson). Au deuxième jour, un officier allemand intima à Joseph l'ordre de récolter des œufs dans le village pour les besoins de l'infirmerie du château. Il lui confia un "laisser-passer" pour avoir accès au château. A chaque récolte, il recevait un paquet de cigarettes en paiement.

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Au cimetière de Thisnes, une vue partielle des tombes de soldats français tombés sur le territoire de la commune.

Et après ?

Bon nombre de corps de soldats français furent rapatriés à la demande des familles. La majorité des autres corps furent rassemblés à la nécropole de Chastres-Villeroux-Blanmont. Cependant quelques familles hesbignonnes ont obtenu que des tombes françaises restent à leur vénération et à leur entretien dans leur village. Tous les ans, le sympathique comité de parrainage des tombes des soldats français fait un pèlerinage à toutes ces sépultures sous la conduite régionale de Monsieur Victor Schouffler de Hannut.
Sommes-nous assez nombreux à nous joindre à eux...

"oublier, c'est trahir !"

Jumelage

Tout le monde sait que le jumelage Hannut-Thouars a été conçu en mémoire des soldats français morts lors de la bataille de Hannut et sur le thème "Premier et dernier combat de la cavalerie française", associant ainsi les thouarsais à cette commémoration. Le premier tué tomba à Hannut, le dernier à la butte Sainte Gemme (Thouars). Pour les habitants de l'entité de Hannut qui n'ont pas connu une manifestation similaire à celle d'Orp-Jauche ce rappel historique constituera une page du bréviaire de leurs libertés. Comme à Orp, nous faisons l'appel de nos petits français morts pour la Belgique et pour la France. Nous remercions Monsieur Charles Vigneront, secrétaire honoraire du grand Hannut de nous avoir prêté sa documentation sur les actes de décès du week-end sanglant de la Pentecôte 1940.


A Hannut : Le maréchal des logis Legrand Serge, instructeur, de Paris.

A Avin : Sallard Roger, de Poulay (Mayenne)

A Crehen : Le lieutenant Jouvion Georges, de Paris, le lieutenant Sainte-Marie-Perrin Bernard, l'adjudant-chef Geneste Jean, d'Orbeil (Puy de Dôme), le brigadier Mathieu Jean, de Démange (Meuse), les soldats Cherel Joseph de Rennes (Ille et Vilaine), Perseval Jean de Chamery (Marne), Blancheton Jean de Saintes (Charente), Perrinot Gilbert de Paris, Salain (x) de Tignée (Marne).

A Merdorp : Le lieutenant Jacquinot de Presie Louis de Chervex (Dordogne), le sous-lieutenant Peillon Robert de Lyon (Rhône), le maréchal des logis-chef Garnier Henri de Strasbourg (Bas-Rhin), les soldats Vève Marcel de Velleron (Vaucluse), Lemay Fernand de Cambrai (Nord), Richard Roger de Cambrai (Nord), Martin Robert de Laon (Aisne), Laurent Jaffredo d'Orléans (Loiret), Radel Paul de Bricon (Haute Marne), Lapouille André de Beauvais (Oise), Schwartzel Joseph de Luneville (Meurthe et Moselle), Bataille Pierre de Vesoul (Haute Saône), Juny Charles de Strasbourg (Bas-Rhin), Coulon Alcide de Hellemmes (Nord).

A Thisnes : Cornilleau Roger de Paris, Schmitt Georges de Bar-le-Duc (Meuse), Jouanet Eugène de la Guerche (Ille et Vilaine), Mongin Raymond de Rozay-en-Brie (Seine et Marne), Madeleine René de Caumont l'Eventé (Calvados), Roussel Auguste de Tremblay (Ille et Vilaine), Phez André de Raille-court (Ardennes), Girard Lucien de Sedan (Ardennes), Vacher Ismaël de Paris, Michaud Marcel de Montrouge (Seine).

A Wansin : Le brigadier Esnée Pierre de Savigny (Manche).

Tous ces braves sont issus des régiments de dragons ou de cuirassiers français. Disons, avec le cardinal Mercier "ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu'à leurs cercueils la foule vienne et prie".

Commentaires

avatar Danny DELCAMBRE
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Petite rectification
Bonjour,
Sur la page consacrée à la bataille de Hannut, vous écrivez à la fin de l'article "Disons, avec le cardinal Mercier "ceux
qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu'à leurs cercueils la
foule vienne et prie"; je vous signale que ces paroles sont de Victor HUGO et
non du Cardinal MERCIER (http://www.bel-memorial.org/poems/hymne_victor-HUGO.htm).

Cela n'enlève toutefois rien à la qualité de votre site que je lis toujours
avec beaucoup d'intérêt.

Danny DELCAMBRE
Arlon
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avatar Henry G. Roe
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J'ai lu la Bataille de Hannut avec beaucoup d'interêt et j'ai mis un lien vers votre site sur le site de Thisnes
( http://www.thisnes.be ) qui était justement plutôt à court d'histoire concernant la dernière guerre. Je vous en remercie.
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avatar BRAHY Félix
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monsieur Henry G. Roe,

Connaissez-vous l'hebdomadaire toutes boites Ourthe-Amblève ; il y a régulièrement des témoignages de la dernière guerre.
Vos récits sont poignants, ce serait intéressant de les publier dans la petite gazette du groupe Vlan : www.lesannonce.be

Félix BRAHY 4053Chaudfontaine.
1 lecteur assidu.
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avatar pirard
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j'ai lu la bataille de merdorp dans la cave de francaux oscar s'etait mon grand pair je m'appelle pirard georges je doit encore avoir les noms des personnes qui etait avec moi dans la caves
je peu vous les donner
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Mise à jour le Jeudi, 22 Janvier 2009 15:15